Axelle,
Quatre ans.
Quatre ans que ton prénom fait encore tilt quelque part entre deux battements, même quand j’ai tout fait pour baisser le son.
Je ne t’écris pas pour rouvrir un dossier clos.
Je sais qu’il l’est.
Je t’écris parce que certains silences finissent par peser plus que toutes les conversations qu’on n’a pas eues.
Ne vois pas par ce présent qui a fini par être double de ce que je t’avais dit une façon idiote de te mettre une telle parure au cou, mais plutôt un investissement dans le temps à un moment où ce matériau semble redevenir la priorité de beaucoup de gens. Peu importe sa valeur, car un gramme vaut un gramme. J’aurais aimé voir de mes propres yeux, sans aucun filtre, si tes yeux brillants et ces bijoux que vous les femmes aimez tant ne faisaient qu’un.
Tu as été l’une des rares femmes pour qui j’ai vraiment voulu tenter le « et si on essayait pour de vrai ? ».
Pas juste l’envie de surface.
Vraiment vouloir les matins froissés, les courses qui s’entassent, les « tu as encore laissé traîner tes chaussettes » et les « viens, on se fait un film pourri ».
Tout le paquet, même les parties moches.
J’ai voulu vivre avec toi ce que chaque homme devrait vouloir vivre dans leur quotidien, prendre plaisir chaque jour à tes côtés comme si cela pouvait être le derniers car par définition le futur peut s’arrêter au présent donc vivre l’instant du jour car demain pourrait ne jamais avoir lieu. Au final il n’y aura ni aujourd’hui ni même demain car hier n’est jamais arriver et ce de mon fait.
Et à chaque fois que j’ai cru qu’on allait peut-être enfin se rapprocher du réel,
il y avait ce petit moment magique où tu disais « on se voit bientôt ».
Un resto cette fois-ci.
Chez toi la suivante.
Et puis… rien.
Le silence qui tombe pile au moment où il aurait fallu assumer un regard en face-à-face.
Comme si croiser mes yeux t’effrayait plus que tout le reste mis ensemble.
Je ne te jette pas la pierre.
La peur, ça ne se commande pas.
Mais ça laisse des traces quand même.
Des traces du genre « il était là, il attendait, et finalement c’est le vide qui a répondu ».
Je repense à tous ces moments où tu me disais que tu y croyais, ces petits instants où j’avais l’impression de parler à une femme qui m’avait compris, qui avait envie de s’évader et me demandait de l’emmener loin au soleil afin que je puisse voir comment ta peau, tes yeux ou encore tes cheveux étaient avec la lumière de celui qui nous rend heureux quand il perce tous les nuages, même les plus tenaces.
Merci pour ces mille rêves qui m’ont fait du bien la nuit, merci aussi d’être si dure à convaincre. Grâce à toi je vais encore un peu plus me renforcer, je vais sans doute repousser encore mes limites.
J’avais pour unique but de vivre une vie exceptionnelle à tes côtés. Je te prie de m’excuser de ne pas avoir réussi à en faire plus pour capturer ton cœur. Je te demande pardon d’avoir été pesant parfois.
Je m’excuse aussi pour ce qui finira par arriver… vivre cette vie exceptionnelle sans cette petite Axou pour rigoler à mes blagues, me prendre dans ses bras ou simplement échanger un baiser sans aucun calcul, mais simplement pour lui témoigner ce qu’elle aurait pu être à mes yeux.
Je ne te demande plus rien aujourd’hui.
Ni réponse, ni excuse, ni retour en arrière impossible.
Juste que tu saches que cet amour-là, maladroit, trop patient, un peu trop lourd sans doute,
il était sincère. Même si je n’ai jamais vraiment compris pourquoi.
Et qu’il a tenu bien plus longtemps que la plupart des gens ne le feraient.
Je te souhaite un bonheur qui ne te fasse plus reculer devant les regards qui insistent vraiment.
Un bonheur où on n’a plus besoin d’inventer des « bientôt » pour repousser l’instant où ça devient sérieux.
Et si un jour quelqu’un te regarde comme si tu étais la seule bonne raison d’être encore là…
sache qu’un autre l’a fait avant lui.
Il était juste moins habile pour le dire.
Et surtout, il a attendu beaucoup trop longtemps que tu oses venir à sa rencontre.
Prends soin de toi, Axelle.
Pour de vrai, cette fois.
Celui qui s’efface… Benoit.